Ah les gens... vous les aimez vous, les gens? Moi je ne sais pas... je ne sais pas vraiment quoi en penser. Ca fait quelques années que j'ai le sentiment de les détester, ou du moins de les mépriser, autant que les aime, voire que je les adore. Ca fait un moment que j'aime à en crever les individualités, les personnalités riches, toujours prêtes à nous apprendre quelque chose qui à notre intellect était jusqu'alors resté étranger. Ca fait tout aussi longtemps que je hais cet esprit de mouton qui les caractérise, leur absence de personnalité, leur goût pour la "bien-pensance", le conformisme, et leur peur du "qu'en dira-t-on?".
Il y a là quelque chose d'extrêmement intéressant à analyser: on pourrait croire que les individualités aillent de pair avec l'individualisme... j'ai personnellement le sentiment que notre société est la preuve "vivante" (encore que je me demande parfois si elle l'est réellement) du contraire. En effet, nous vivons dans un monde où les individus, pour la plupart, n'en sont plus, pensent pareil, et ne pense qu'à eux. Ce qu'ils ont en commun, c'est leur égoïsme, à peine masqué par leur apparente volonté de "sauver le monde". C'est de l'individualisme collectif...
Pour moi qui rêve d'individus collectivistes, ou à tout le moins altruistes, quelle formidable source de de peine, de haine, de dégoût, et de mépris envers l'humanité! Là où chacun devrait avoir sa personnalité, ses caractéristiques et aspirations propres, et idéalement se soucier du sort de son prochain après s'être inquiété du sien, c'est exactement l'inverse qu'il nous est donné d'observer: une masse de personnes pensant être autonomes, pensant pareil de peur d'être "exclues" de cette masse dont ils ne perçoivent pas qu'elle provoque, à petit feu mais à coup sûr, la mort de leur âme.
Les âmes se fanent et, ce faisant, ne semble pas, contrairement aux fleurs, constituer un terreau propice à l'éclosion de nouvelles entités... de nouvelles identités devrais-je dire. Au contraire, cette "maladie" tend à contaminer les âmes saines tel un parasite s'attaquant à une nouvelle proie une fois sa victime mise hors d'état de nuire. Ne pensez pas; compensez! Compensez le vide existentiel qui est vôtre en pensant que votre individualisme fera de vous des individus! Ne pensez pas; dépensez! Dépensez la maigre dont vous vous contentez sans broncher dans des accessoires qui vous donnent l'illusion de vous différencier de votre prochain, lequel est probablement en train de faire exactement la même chose que vous. Comme le disait si bien Marc-Edouard Nabe dans une lueur d'espoir: "l'individu est cassé par la pub pour les individus. La société est individualitaire. Quelle trouvaille pour cacher le fait qu'elle est totaliste!" (je reconnais la possibilité de n'avoir pas respecté exactement le texte, n'ayant pas le livre à ma disposition pour l'instant)
Bon... c'est pas grand chose, mais il se fait tard et je vais aller dormir. J'essaierai de poursuivre une prochaine fois